samedi 29 novembre 2008

Union pour la Méditerranée : réunion des ministres des Affaires étrangères à Marseille

Lors de leur rencontre, les 4 et 5 novembre 2008 au Parc du Pharo à Marseille, les ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée, ont élaboré une déclaration finale de leur réunion de travail sur ce qui vont être les priorités de l’Union.

Parmi les décisions arrêtées, on note que la Ligue des Etats arabes participera « à toutes les réunions à tous les niveaux du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée ».
Bien entendu, le volet politique et diplomatique a été abordé par les ministres des Affaires étrangères sur lequel nous n’y attarderons pas, les lecteurs pourront, pour cela, retrouver la Déclaration dans sa totalité sur le site de l'Union européenne :
http://www.ue2008.fr/

Le volet institutionnel
.
la co-présidence s’appliquera « aux sommets, aux réunions interministérielles, aux réunions des hauts fonctionnaires, au Comité permanent conjoint et, si possible, aux réunions d’experts/ad hoc dans le cadre de l’initiative ». les deux co-présidents seront issus d’un pays méditerranéen et d’un pays européen. La seule différence qui interviendra, c’est au niveau de la période de leur mandat : le choix du président européen doit se faire en conformité avec les dispositions de l’Union européenne quant à sa représentation extérieure ; celui du président méditerranéen se fera « par consensus, pour une période renouvelable de deux ans ».
. les hauts fonctionnaires sont chargés de recenser et évaluer les progrès accomplis dans tous les volets du « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », y compris les questions qui étaient précédemment traitées par le Comité Euromed.
. les « sommets bisannuels des chefs d’État entérineront les priorités stratégiques du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée qui lui seront communiquées par les ministres des Affaires étrangères. »
. les ministres des Affaires étrangères auront à charger les hauts fonctionnaires d’approuver les lignes directrices et les critères d’évaluation des propositions de projets.

Deux entités apparaissent pour l’instant dans la formation structurelle de l’Union pour la Méditerranée :

Un Comité permanent conjoint : basé à Bruxelles – donc suffisamment proche de la base européenne -, il apportera son concours aux réunions des hauts fonctionnaires et à leur préparation, et en assurera le suivi adéquat. « Il traitera des questions précédemment examinées par le Comité Euromed et ne relevant pas de la compétence des hauts fonctionnaires. » De ce fait, le Comité Euromed sera dissous.

Un Secrétariat : personnalité juridique autonome, mandaté pour les questions purement techniques, il est chargé du suivi et de la promotion des nouveaux projets régionaux, sous-régionaux ou transnationaux – y compris les projets privés - ainsi que de la recherche de financements et de partenaires pour la mise en œuvre ; de la « concertation opérationnelle avec toutes les structures du processus, en particulier avec les coprésidences, y compris en élaborant des documents de travail pour les instances de décision ». Il devra tenir compte des lignes directrices fixées par les Hauts fonctionnaires. Il sera basé à Barcelone – sphère méditerranéenne mais toujours dans un pays européen et donc la possibilité d’un siège en Egypte, ou en Tunisie ou au Maroc est dès lors écartée. Cela devrait intervenir avant mai 2009...
Les frais de fonctionnement seront financés par une subvention de fonctionnement « répartie de manière équilibrée entre les partenaires euro-méditerranéens, sur une base volontaire et le budget communautaire. » Les premières contributions seront versées dès les statuts adoptés.

Quant à l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne : sa position « devrait être encore renforcée et ses travaux mieux coordonnés avec ceux des autres institutions du partenariat. »

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères ont pris note de l’avis rendu par le Comité des régions, le 9 octobre dernier, et de la proposition de créer une assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM). « Les membres de l’assemblée représenteraient les élus locaux et régionaux de l’UE ainsi que les élus des pays méditerranéens partenaires, tout comme le fait à son niveau la représentation parlementaire au sein de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne ». Les hauts fonctionnaires sont chargés d’étudier la possibilité d’associer l’ARLEM dès que le Partenariat sera établi.

Le volet Programme de travail pour 2009
La Déclaration finale donne, à titre indicatif pour 2009, les prochains rendez-vous :
· 3e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur l’eau ;
· 1ère réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur les projets de développement durable ;
· 6e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur les transports et le développement urbain ;
· 2e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique ;
· 6e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur l’énergie ;
· 4e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur l’environnement ;
· 2e réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur le renforcement du rôle des femmes dans la société ;
· conférence annuelle sur la transition économique Euromed ;
· 9e réunion ministérielle de la FEMIP ;
· 5e réunion ministérielle ECOFIN euro-méditerranéenne ;
· 8e conférence euro-méditerranéenne des ministres du commerce ;
· 1ère réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur la sécurité alimentaire, l’agriculture et le développement rural ;
· 1ère réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur la justice, la liberté, la sécurité ;
· 11e réunion ministérielle euro-méditerranéenne consacrée aux affaires étrangères.
· 1ère réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur le développement humain.

vendredi 28 novembre 2008

Etats généraux culturels méditerranéens

Les Etats généraux culturels méditerranéens se sont tenus, à Marseille, du 4 au 5 novembre derniers. Organisés par la présidence française de l’Union européenne, à la faveur de l’année 2008 déclarée « Année du dialogue interculturel euro-méditerranéen ».
Ces Etats généraux représentent cette dimension culturelle à laquelle s’est attelée la réunion, durant ces mêmes journées, des ministres des Affaires étrangères de l’Union pour la Méditerranée. Sous la co-présidence des ministres français et égyptien des Affaires étrangères, la conférence ministérielle dite du « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » (qui prendra selon la déclaration finale la dénomination d'"Union pour la Méditerranée") a débouché sur un accord global de partenariat autour de la Méditerranée. Nous ferons par ailleurs une synthèse de la déclaration finale.
Durant ces deux jours, les participants ont réfléchi sur les propositions et les projets non gouvernementaux et cela, autour de huit ateliers : Mémoires, histoires, patrimoines ; Images, audiovisuel, cinéma ; Écrits, traduction, bibliothèques ; Artistes, création artistique, mobilité artistique et culturelle ; Religions et sociétés ; Modernisation des sociétés et droit ; Education et université ; Identités, cultures, valeurs et visions de la Méditerranée.
Une autre initiative intéressante a été lancée, pour avoir une approche plus poussée de ce qui sera l’objet de ces deux journées : un forum où les personnes intéressées pourraient s’y inscrire et donner leur point de vue (
http://egcmed.leforum.eu/index.php).
Par ailleurs, on apprend que Renaud Muselier, ancien ministre français, a été nommé par le Président de l’Union européenne, à la tête du Conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée et cela, jusqu’à fin décembre 2013, année qui sera celle du projet « Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture ».

lundi 20 octobre 2008

Egypte : plusieurs prêts approuvés par l’Agence française de développement



(Photo : siège de l'Agence française de développement)

L’Agence française de développement est un établissement de crédit spécialisé. Elle ne finance que les projets publics ou privés qui répondent aux critères établis par le Comité d’aide au développement de l’OCDE (source : www.minefe.gouv.fr). Parmi les projets qu’elle finance, on note ceux qui concernent les transports, le développement urbain, l’eau, l’assainissement, l’énergie. C’est le cas, par exemple, de l’Egypte :

. Aéroport du Caire : un prêt de 55 millions d’euros, approuvé par l’AFD (Agence française de développement, sera accordé à la Cairo Airport Company pour la modernisation des terminaux de l’aéroport du Caire et la construction d’un troisième terminal que la compagnie égyptienne avait engagés.

. Programme européen d’amélioration de l’eau et de l’assainissement dans le Delta du Nil : l’AFD a approuvé un prêt de 40 millions d’euros à l’Etat égyptien qui a souscrit des investissements conséquents en vue d’atteindre un taux de desserte de près de 100% pour l’eau potable. Cependant, l’assainissement auquel les zones rurales n’y ont accès que très partiellement, lui, il demeure en l’état, tout comme le traitement des eaux usées qui demeure encore faible ; cela, malgré une nette réforme au sein des services administratifs étatiques qui a conduit à la création d’entreprises publiques indépendantes.
Par ailleurs, en vue d’aider à l’application de ces réformes, un programme au coût de 272 millions d’euros, consentis par plusieurs bailleurs européens, a été mis sur pied. Le même programme devra améliorer les conditions d’accès à l’eau de 1,6 million de personnes et à l’assainissement, de 2,5 millions de personnes.

. Financement des petites et moyennes entreprises égyptiennes : l’AFD a approuvé un prêt d’un montant de 30 millions d’euros au Crédit Agricole Egypte, qui devrait financer environ 500 petites et moyennes entreprises. Le marché des grandes entreprises étant devenu très concurrentiel, les banques se tournent vers le marché des petites et moyennes entreprises qui tend à devenir un vecteur important dans la croissance économique et un fournisseur d’emplois pour une Egypte aux prises avec le chômage et une croissance minimale.

dimanche 19 octobre 2008

"Etats généraux du multilinguisme : la diversité des langues, une chance pour l’Europe"


(© PHOTO INN)
Paris, septembre 2008 - Ce sera une Europe qui diversifiera sa connaissance des langues européennes, qui ne se contentera plus de produire des « apprenants » mais qui comprendra des « parlants » : l’enfant européen aura ainsi à parler très tôt, deux voire trois langues européennes. Les termes de « langue nationale » ont été totalement absents chez les différents interlocuteurs.

De cette journée qui ne fut pas sans richesses quant à la qualité des intervenants et où l'on avancera l'idée d'un ERASMUS des enseignants sur l'exemple de
l'ERASMUS des étudiants (échanges d'étudiants inter-universitaires) pour préparer les enseignants à leurs futures prérogatives, on retiendra l’intervention –pour ce qui nous concerne– du Vice-président du Parlement européen, Miguel Ángel Martínez Martínez, pour lequel les langues des communautés migrantes ont leur place, en raison de leur importance dans les pays d’accueil : comme le turc, l’arabe, l’hébreu et même le chinois ; les trois premières jouent, en outre, un rôle plus que conséquent en raison de la nouvelle création réunissant pays européens et pays sud-méditerranéens. « Il faut tenir compte, a-t-il dit également, des langues des pays candidats à l’Union européenne : le turc et le croate. »

Venant à la suite du mot de bienvenue de Maurice Quenet, recteur de l’Académie et chancelier des universités de Paris, Christine Albanel, ministre française de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, devait noter que si « la langue porte l’estime de soi, elle doit s’ouvrir aux autresaller à la découverte de l’autre ». La langue en tant que barrière, elle est une sorte « d’intégrisme culturel » : or, stratégiquement, « l’Etat et les régions ne se limitent pas à la civilisation et l’apprentissage des langues ... elles s’intègrent dans tous les passages de la vie. »

De son côté, Léonard Orban, commissaire européen chargé du multilinguisme a souhaité que cette rencontre « soit porteuse de changements » car une pensée nouvelle évolue en matière de multilinguisme : créer des « ports entre les cultures, des ports entre les peuples ». Il devait, ensuite, présenter le programme mis en place par l’Union européenne, dont voici quelques lignes :
- une communication stratégique résultant d’un vaste processus de consultation,
- groupe d’experts en matière de multilinguisme mis en place, en 2007, sous la direction d’Amin Maalouf (voir notre premier article)
- dialogue interculturel
- forum des affaires
- consultation en ligne des Européens
- consultation des autres institutions européennes
- langues et migrations
- intégration.
Relevant que l’Europe comprend 27 langues, 60 langues régionales et 175 nationalités différentes, Léonard Orban a ajouté que « l’apprentissage des langues des migrants est une réalité inévitable » et que l’apprentissage sera sur deux langues, outre la langue maternelle, comme cela avait été vu par le Processus de Barcelone. Le groupe présidé par Amin Maalouf a établi une langue personnelle (entendez pas là, langue maternelle) et deux langues internationales.

Cette importante rencontre, qui a réuni, outre plusieurs ministres de pays européens, plus de 800 participants des divers pays européens (chercheurs, enseignants universitaires, traducteurs, sommités du monde de la culture et des affaires), a pris fin avec le discours de clôture du ministre français de l’Education nationale, Xavier Darcos, qui a fait le point sur les méthodes de l’enseignement des langues.