dimanche 29 juin 2008

Développement nucléaire : vers une coopération avec la Syrie ?

Le quotidien libanais « An-Nahar » a publié, tout récemment, un article commentant la venue d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire pour une visite de quatre jours au cours desquels, ils se sont rendus dans le désert syrien, sur le site de la centrale nucléaire « Al-Koubar » qui devait être détruite en septembre 2007.

Il faut rappeler qu'International Newsnet n'a pas pour objet de commenter les sujets qu’il présente, mais il s’intéresse à deux points essentiels : 1°) le fait que la Syrie est un membre potentiel de la future Union pour la Méditerranée si cela devait se faire et 2°) le nucléaire est, en matière de développement, un volet important dans les rapports économiques de la zone euro-sudméditerranéenne. Nous l’avons vu par exemple avec les accords signés entre la France et l’Algérie, notamment sur le « nucléaire civil » (voir notre article à ce sujet).

Le quotidien libanais rapporte que « Le numéro deux de l’Agence, Olli Heinonen, a parlé d’« un bon début » en matière de coopération avec la Syrie ». Enfin, à son retour à Vienne, Olli Heinonen s'est dit « satisfait de la coopération de Damas, et que l’Agence « a réalisé à une grande échelle nos espoirs ». Mais, a-t-il ajouté, il est « prématuré de connaître la nature de cette position » en parlant du développement du programme nucléaire de la Syrie.
S. Chams

(Source : http://www.annahar.com/content.php?priority=8&table=arab&type=arab&day=Thu)

vendredi 27 juin 2008

La micro-finance en Méditerranée

En mai dernier, une conférence, à Tunis, a permis d’aborder la question de la micro-finance en Méditerranée et d’en mesurer l’impact économique et social à la fois sur les institutions qui régissent ce secteur et dans le bassin méditerranéen.
Une étude a été présentée et a déterminé que la micro-finance dans la région représentait, à elle seule, un marché de 40 millions de bénéficiaires dont 9 millions reçoivent, aujourd’hui, un soutien des décisionnaires. Concernant les ménages, l’étude fait ressortir que le secteur ne connaît pas une pleine exploitation et que le micro-crédit en demeure, pour l’instant, le produit essentiel. Que, par exemple, la micro-épargne, les produits d’assurance et les transferts de fonds ne sont pas encore accessibles à la clientèle. Il semblerait que les questions juridiques et réglementaires ne soient pas étrangères au blocage du développement de ces produits.

La Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) est, aujourd’hui, un partenaire important pour ces opérations (23 millions d’euros depuis 2003) et sa priorité est que les institutions financières connaissent un développement, de sorte à se transformer en établissements bancaires pouvant intervenir, de façon autonome, sur les marchés financiers locaux.

Quelques indicatifs sur ces opérations :
. Prêt de 2 millions d’euros à Enda Interarabe, une association de micro-finance dont le siège est en Tunisie, et qui sont destinés à financer près de 500 000 micro-crédits. Enda Interarabe favorise l’accès au micro-crédit et en appuyant les projets de création de micro-entreprise (particulièrement en faveur des femmes et pour lutter contre l’exclusion) par des services financiers et d’accompagnement (site : http://www.endarabe.org.tn).

. Deux lignes de crédit de 10 millions d’euros respectivement à quatre organismes marocains de la micro-finance :
- Al-Amana, association de micro-crédit et de prêt au logement (site www.alamana.org/) ;
- AMSSF/MC, association marocaine Solidarité sans Frontières/Micro-Crédit dont les missions se résument principalement à la création d’emplois par la micro-entreprise urbaine, périurbaine et rurale, et aussi à aider l’intégration des femmes dans le développement – Site www.amssfmc.ma/) ;
- Fondep (Fondation pour le Développement local et le Partenariat), une institution aussi de la micro-finance – Site
www.fondep.com/) ;
- et Fondation Zakoura (Site
www.zakourafondation.org), association de micro-crédit dont les objectifs sont de lutter contre l’analphabétisme et d’aider les porteurs de projets.

. Interventions de la FEMIP à l’étude pour l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie et la Syrie. Pour l’Algérie, il y a peu d’associations autonomes – comme « Touiza », une ONG indépendante - mais un organisme national s’occupe des objectifs du micro-crédit, pour ne pas dire le contrôle et le dispatching des fonds : introduit par le Gouvernement algérien dans les années 1990, le micro-crédit concrétisé par des services d’accompagnement (auto-emploi, travail à domicile, activités artisanales …) était ainsi la prérogative de l’Agence de développement social (ADS). Cette agence ne perdurera pas et son portefeuille sera transféré vers l’Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM).
En Egypte, la situation est analogue car les principaux organismes chargés du micro-crédit sont : la National Bank of Development (en association avec USAID), la Social Fund for Development, le ministère des Finances et la Bank for Development and Agricultural Credit.
En Jordanie, quatre institutions officielles, des ONG et des agences gouvernementales se répartissent le secteur de la micro-finance Une association de micro-finance établit la coordination entre les différentes institutions de la micro-finance. La répartition des crédits est assez homogène et couvre aussi bien les zones rurales que les zones urbaines.
Dans le cas de la Syrie, cinq organisations non-gouvernementales agissent dans le micro-crédit dont FIRDOS qui consent des crédits sans intérêts, des associations et institutions gouvernementales comme l’Union des femmes, le ministère de l’Agriculture et la Banque publique.

Etat des lieux des autres pays sud-méditerranéens où existe le micro-crédit
- Chypre : l’association Women’s Cooperative Bank, des banques coopératives, des banques commerciales et le gouvernement accompagnent en ouvrant des micro-crédits aux femmes pour leurs projets de création d’entreprise.
- Liban : peu d’intervention de l’Etat dans les zones défavorisées -qui a mis en place un institut de garantie des crédits- mais interventions des ONG de la micro-finance et financements par le biais de l’Union européenne, de USAID et d’ONG européennes.
- Malte : premiers pas dans le micro-crédit. Le pays comprend deux agences principales dont l’une offre des garanties et l’autre de gérer les crédits. La Coopérative pour l’agriculture et la pêche intervient également.
- Palestine (Gaza) : cinq organisations non gouvernementales et quatre banques commerciales, reliés par un réseau.
- Turquie : l’institution Maya, créée en 2002, intervient dans la participation des femmes dans la vie économique. Financée essentiellement pas Catholic Relief Services, elle octroie des crédits par groupe de cinq femmes (coopératives de femmes) mais dont le fond de départ est assez faible (30 à 300 dollars US). Ensuite, il y a la Turkish Development Foundation qui a lancé un programme dans les zones rurales et qui est financée par l’Union européenne.

Enfin, pour avoir plus d’informations, sachez qu’un répertoire des institutions arabes de micro-crédits a été établi par le Centre des Femmes Arabes pour la Formation et la Recherche (CAWTAR) (site : http://www.cawtar.org/) dont on peut donner ici quelques indications supplémentaires et qu’il s’agira de recouper avec ce qui vient d’être dit plus haut :
- Algérie : 14 institutions de micro-financement
- Maroc : 42 « « « «
- Tunisie : 66 « « « «
Il faut savoir aussi qu’un réseau national d’institutions de micro-finance dans le monde arabe existe : il s’agit de SANABEL qui a, d’ailleurs, organisé, à Tunis, la Conférence annuelle des pays fondateurs du réseau et citée en début d'article.
F. Allami

mercredi 25 juin 2008

Union pour la Méditerranée

Point presse du Quai d’Orsay

Au retour du Premier ministre français de son voyage en Algérie, un point presse a été organisé, ce mercredi 25 juin, au Quai d’Orsay (France). Nous transmettons, pour ce qui nous intéresse, les questions posées et rapportées par African Press Organization sur le Sommet de l’Union pour la Méditerranée à Paris et, bien entendu, les réponses de la porte-parole du Quai d’Orsay.

Question : A la suite de la visite de M. François Fillon en Algérie, Alger émet toujours des réserves et ne confirme pas sa participation au sommet du 13 juillet. Peut-on savoir quand la France sera fixée sur le nombre de ses participants et quel sera leur niveau ?
Quai d’Orsay : D’abord, on ne peut pas dire que l’Algérie émet des réserves. Le soutien algérien au projet d’Union pour la Méditerranée est clair et entier. Il n’y a pas de doute là-dessus.Ensuite, il y a la question de la participation. Il n’y a pas aujourd’hui de réponse ferme sur le niveau de la participation algérienne. Nous attendons. Quant à savoir quand nous aurons très exactement la liste complète de ceux qui viennent, c’est une question à laquelle je ne peux pas répondre puisque cela dépend des réponses qui vont être apportées. J’espère que dans la semaine qui précèdera on sera à peu près fixé sur la liste des participants au Sommet.

Question : L’Algérie participe au sommet mais on ne connaît pas le niveau, c’est bien cela ?
Quai d’Orsay : Oui.

Question : La réunion préparatoire du 4 juillet aura lieu à quel niveau ?
Quai d’Orsay : Au niveau des hauts fonctionnaires.

Question : Et la réunion ministérielle ?
Quai d’Orsay : La réunion ministérielle devrait précéder le sommet. Peut-être le matin même. On vous le précisera quand ce sera finalisé.

(Source : http://appablog.wordpress.com/a-propos/)

mardi 24 juin 2008

En parallèle ...

. Etats généraux du multilinguisme prochainement à la Sorbonne
Ils s’ouvriront le 26 septembre 2008, au Grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris. Les Etats généraux du multilinguisme se dérouleront à l’occasion de la Journée européenne des langues et sont organisés par les ministères français et européens des Affaires étrangères, les ministères français de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la culture et de la communication.
Nous avons retenu cet événement en raison du panorama linguistique extrêmement prolifique de l'Europe et aussi parce qu'il est en rapport avec la Méditerranée (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, y compris les zones francophones du Sud-méditerranéen).

Thèmes abordés :
- Multilinguisme, intercompréhension, traduction et circulation des oeuvres culturelles
- Multilinguisme, compétitivité économique et cohésion sociale
- Créativité et innovation dans l’enseignement des langues.
Un forum de discussion a été lancé dans ce cadre : http://contribution-multilinguisme.culture.gouv.fr/index.php?sid=b187564b577636a95041500b906d2729

Dans cette perspective des Etats généraux du multilinguisme, en 2007, trois réunions d'un groupe de personnalités reconnues du monde culturel, constitué à l’initiative de la Commission européenne, avaient été organisées à Bruxelles.

Un rapport intitulé « Comment la multiplicté des langues pourrait consolider l’Europe » a été rédigé, lequel synthétise les réflexions du groupe. Le « Groupe des intellectuels pour le dialogue interculturel » s’est posé, pour lancer les débats, plusieurs questions de départ comme :
- Comment faire vivre ensemble de manière harmonieuse tant de populations différentes ?
- Comment leur donner le sens d’un destin commun, et d’une appartenance commune ?
- Faut-il chercher à définir une identité européenne ?
- Celle-ci pourra-t-elle s’accommoder de toutes nos différences ?
- Pourra-t-elle intégrer les composantes d’origine non-européenne ?
- Le respect des différences culturelles est-il compatible avec le respect des valeurs fondamentales ?

Face à la multiplicité des langues qui impose des contraintes dans le fonctionnement des institutions européennes, et des coûts en termes d’argent et de temps, le groupe a débattu sur l’existence d’une langue prépondérante dans les travaux des institutions – l’anglais en l’occurrence – et « où deux ou trois autres langues parviendraient à maintenir, pour quelque temps encore, une présence déclinante, tandis que la grande majorité de nos langues n’auraient plus qu’un statut symbolique et ne seraient quasiment jamais utilisées dans les réunions communes. ».

Cependant, pour le groupe de réflexion, cette évolution du terrain linguistique et culturel ne « semble pas souhaitable. Parce qu’elle serait préjudiciable aux intérêts économiques et stratégiques du continent comme de tous ses citoyens, quelle que soit leur langue maternelle ». Les peuples composant la communauté européenne, « ceux qui font leur entrée en Europe – et l’on pourrait englober dans cette formulation des personnes aussi diverses que les immigrés », ont à être encouragés à « apprivoiser le patrimoine commun et le désir d’y apporter leur propre contribution ». Jusqu’ici, on peut suivre le cheminement de la réflexion mais, là, où le débat risque de prendre un tournant épineux lors des Etats généraux, c’est dans les choix proposés par le groupe de Bruxelles. Il s’agirait de dépasser « la rivalité entre l’anglais et les autres langues », sans pour autant l’affaiblir, mais aussi d’avoir à faire la distinction entre « une langue de communication internationale et une langue personnelle adoptive ».

Les peuples de l’Union européenne auront à prendre, de ce fait, deux décisions distinctes : l’une « dictée par les besoins de la communication la plus large, l’autre guidée par tout un faisceau de motivations personnelles liées au parcours individuel ou familial, aux liens affectifs, à l’intérêt professionnel, aux préférences culturelles, à la curiosité intellectuelle, etc. ». Et l’on est face à un « choix illimité » pour ce qui est de la langue personnelle adoptive.
De surcroît, le groupe de travail apporte une observation qui n’est pas sans interrogation, dans la pratique et dans la politique culturelle : le souhait que « toute personne soit encouragée à choisir librement sa langue personnelle adoptive » ; c’est-à-dire que ce n’est pas seulement le sommet qui déterminera les langues étrangères qu’une personne pourra apprendre, c’est aussi au niveau de la base, pour ne pas désigner directement l’école.

Sans donner notre point de vue (INN étant un magazine de synthèse et de commentaires et pas d’opinion), l’on est en droit de se demander ce que pareille tour de Babel institutionnalisée va déclencher ? Car le groupe de Bruxelles apporte un angle d’observation plus que problématique, à savoir que « Chaque personne peut prendre la décision de choisir sa langue personnelle adoptive ; chaque pays, chaque ville, chaque commune, chaque entreprise, chaque institution pédagogique, peut prendre des initiatives allant dans ce sens. »

Il faudra donc attendre les conclusions des Etats généraux et, en parallèle, les positions définitives de l'Union européenne, pour y voir plus clair...

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Perspectives méditerranéennes et Droit de l’immigration en Europe

Le Colloque « Le droit de l’immigration en Europe et ses perspectives méditerranéennes » se tiendra, ce 26 juin, à la Maison de l’Avocat de Marseille.
A l’ordre du jour, nous avons retenu pour ce qui nous intéresse :
1- Présentation du Pacte européen pour l’immigration : « Immigration et zone Euromed – Situation et défis actuels »
2- « Le projet d’Union pour la Méditerranée : quelle place pour l’immigration ? » : les attentes de la France et de l’Allemagne et les approches juridiques et pratiques.
Adresse : Maison de l’Avocat - 51, rue Grignan - 13006 Marseille.